La peur de partir.

C’est un article un peu plus personnel que je vous propose aujourd’hui, mais je tenais vraiment à l’écrire. C’est vrai, pour ceux qui me suivent sur mes différents réseaux sociaux, j’ai l’air heureuse à NY et je profite à fond, tant au niveau voyages que vie sociale. N’en doutez pas, malgré quelques soirées tristounettes où la France me manque, et bien qu’on ait tendance à ne montrer que les aspects positifs de la vie ici, je me sens à ma place et je n’ai aucune intention de m’arrêter là.

Cependant, je trouve important de montrer quelques uns des aspects un peu moins reluisants ou simplement un peu plus difficiles pour que ceux qui vont ou souhaitent partir réalisent que 1/ ils ne sont pas seuls à avoir peur et que 2/ tout n’est pas si rose et facile. J’aborde donc ici l’aspect de la peur de partir.

La peur de partir, on n’en parle pas assez. On parle de l’excitation, de l’impatience, de la joie, des fêtes de départ, de la tristesse à l’aéroport, mais pas de la vraie peur de partir qui te noue l’estomac. Pourtant, un mois avant le départ, je l’ai ressentie et elle ne m’a plus quitté jusqu’au jour J, et même jusqu’à la fin de ma première semaine à la Training School. Alors en effet, elle me paraît bien loin cette peur désormais, mais pendant un mois entier je me suis sentie plutôt incomprise et désemparée, avec une boule dans la gorge et l’envie de pleurer à chaque fois qu’on me parlait de ce futur voyage. Evidemment ce n’est qu’une généralité, mais pour en avoir parlé avec d’autres expatriés, je suis loin d’être la seule à avoir douté et à ne plus avoir voulu partir au dernier moment.

On se demande si l’on a fait le bon choix, ce que l’on va rater, si on va nous oublier.. Au moment de faire sa valise, même laisser un tee-shirt tout simple devient un crève-cœur car les vêtements et objets de notre chambre sont tout autant de repères que l’on n’aura plus une fois partis. Les gens nous répètent sans arrêt à quel point nous sommes chanceux, nous assurent que l’expérience va être extraordinaire, nous disent qu’eux n’auraient jamais osé. Tandis que certains nous lâchent, d’autres font leurs apparitions et ne cessent de nous demander l’avancée du projet. Quant à nous ? Après avoir reçu tous nos papiers, on réalise, et on stresse, en s’en voulant de ne pas être aussi excité que les autres le voudraient, en culpabilisant de ne pas réaliser la chance que l’on a (ce qui est d’ailleurs selon moi plus un choix que de la chance, mais c’est un autre débat).

Typiquement un fossé se creuse, car il est difficile de se plaindre ou de parler de nos craintes aux gens lorsque l’on part pour une aventure aussi extraordinaire, et c’est à ce moment que l’on se sent seul, les réactions de nos proches n’aidant pas forcément. En effet, certains cessent de nous parler par jalousie sans doute, tandis que des personnes connues seulement de vue viennent nous parler par intérêt (« Tu pourras héberger des gens alors à NY ? ») et que d’autres ne nous parlent plus que de ça, oubliant que pour le moment on est encore là, et qu’on aimerait bien profiter de nos derniers moments.

Alors oui, on peut avoir peur au point de ne plus vouloir partir, ce n’est pas une honte, et non ça n’empêche pas de profiter et d’être heureux une fois sur place, au point même de ne plus vouloir rentrer. C’est certes difficile à comprendre pour les personnes n’étant pas expatriées, mais chacun vit les choses différemment, et il faut le respecter. Il faut un sacré courage pour partir, et de la volonté avec tous les papiers qu’il faut remplir, tout n’est pas si simple.

En conclusion, oui, que l’on soit un futur expat’ ou un expat’, on connaît des sentiments contradictoires, et il faut juste apprendre à faire avec, car ce sont des réactions humaines. Oui, nous aimerions voyager ET avoir nos familles avec nous. Oui, on a choisi égoïstement de voyager, parce que c’est ce qui nous rend heureux et oui, si vous tenez vraiment à nous, vous comprendrez.

8 Comments

  1. Stéphanie
    10 août 2016

    Je n’ai jamais vraiment eu peur de partir, c’est plutôt le retour qui m’effrayait et c’est tellement vrai ce que tu dis, si je pouvais je voyagerais et j’emmènerais ma famille avec moi, mon seul véritable frein aux nouveaux voyages. J’ai l’impression que ma vie est à l’étranger (j’adore la France mais la vie d’expat me manque) mais je culpabilise énormément, j’ai l’impression d’être égoïste…

    Tu restes encore longtemps aux USA?

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    1. valouenvadrouille
      10 août 2016

      Je reste jusqu’à février au moins, probablement jusqu’à juillet prochain, et si j’ai l’école que je veux j’irai à Montréal dans la foulée 🙂

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  2. Ameluck
    16 août 2016

    Bel article, de toute les façon à la fin on ne ressort que plus fort de ses voyages qui forgent notre jeunesse et je suis sûre que ces expériences nous servirons encore plus lorsqu’on sera un peu plus âgé. Jolies photos je t’envie beaucoup! Moi j’ai commencé en partant une dizaine de jours à Berlin toute seule.

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    1. valouenvadrouille
      19 août 2016

      C’est un bon début, c’est pas si facile de partir seule, on a tjrs l’impressions que les gens nous regardent avec pitié manger seule à une table, ou faire la queue dans un musée, alors qu’ils s’en fichent royalement ! Maintenant en tout cas, j’adore les moments en tête à tête avec moi ! Merci pour ton commentaire, je pense que oui on en ressort tjrs plus fort, en tout cas différent !

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  3. Melo
    16 août 2016

    Hyper intéressant ton article !! J’ai eu beaucoup de jeunes filles au pair quand j’étais enfant ; et j’ai pensé à le faire ensuite. (finalement, non les études ont pris le dessus, bref)
    Mais c’est super que tu exprimes cette peur à laquelle on ne pense pas forcément !!

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    1. valouenvadrouille
      19 août 2016

      Merci beaucoup ! En France tu en as eu? C’est génial, c’est rare ! Effectivement, personne n’y pense en général et pourtant..

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  4. Zoe Bancel
    29 août 2016

    Je me retrouve un peu dans ton article mais moi c’est la peur de rentrer ! On prévoit de rentrer en France dans un futur plus ou moins proches pour se rapprocher de la famille et je me retrouve avec les mêmes questions que lorsque je suis partie.
    On sait ce qu’on quitte/laisse derrière soit mais on ne sait pas ce qu’on va retrouver en partant/rentrant.
    J’aime ma vie aux USA et j’ai peur d’être dessus en rentrant… mais au final c’est comme tout je pense que je me réhabituerais, avec un peu de temps, à ma vie française d’avant.

    Pour la partie des « amis » intéréssés j’ai bien ri ! Je vois qu’on a tous les mêmes « gratteurs » dans nos contacts. Pour ma part j’ai un peu plus mal vécu les amis proches qui ne donnent plus trop de nouvelles au bout d’un certains temps. Mais je comprends, ils sont entre eux et leur vie n’a pas changé, ils nous oublient sans même y faire attention.

    J’espère que tu fera un article sur l’évolution de tes « sentiments » à la fin de ton expatriation 😉

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    1. valouenvadrouille
      4 septembre 2016

      Je ferai certainement un article sur l’évolution de mes sentiments oui.. Mais pour le moment j’ai tellement peur de rentrer comme toi, que j’ai déjà de nouveaux projets pour ne pas rentrer, je ne me vois pas en France pour le moment.. Effectivement pour les proches c’est compliqué également, mais ayant peu d’attaches ça facilite les choses de mon côté, merci beaucoup pour ton commentaire en tout cas!

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